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Sac biosourcé, biodégradable ou compostable : trois termes qu’il faut cesser de confondre

En bref

Les sacs biosourcés, biodégradables et compostables répondent à des définitions et normes distinctes, et seuls les sacs certifiés pour le compostage domestique ou industriel peuvent être orientés vers ces filières spécifiques.

Trois points à retenir

  1. Un sac biosourcé est fabriqué à partir de matières biologiques mais ne garantit aucune capacité de décomposition.
  2. Les sacs compostables industriels (norme EN 13432) ne conviennent pas au compostage domestique, qui exige la norme NF T 51-800 ou le label OK compost HOME.
  3. Les plastiques compostables ne doivent jamais être déposés dans le bac de tri des plastiques classiques ni abandonnés dans la nature.

La réponse en bref

Il faut distinguer l'origine du matériau (biosourcé), la capacité de décomposition (biodégradable) et les conditions précises de dégradation (compostable industriel ou domestique). Seuls les sacs portant une norme reconnue pour le compostage peuvent être orientés vers les filières adaptées.

Des étiquettes vertes qui brouillent les pistes

Dans le rayon sacs du supermarché, les mentions se multiplient à vue d’œil : sac biosourcé, sac biodégradable, sac compostable. Tout paraît écologique, presque trop facilement. Pourtant, derrière ces formulations rassurantes se dissimulent des réalités très distinctes selon qu’on parle de la poubelle, du composteur ou des centres de tri.

Depuis la généralisation de la collecte séparée des bio-déchets dans l’Union européenne à partir de fin 2023, savoir quel sac choisir est devenu un véritable casse-tête. L’European Environment Agency souligne que seuls environ 1 % des plastiques en circulation sur le marché mondial sont réellement biosourcés, compostables et/ou biodégradables — alors que les logos « verts » fleurissent partout. De quoi légitimement s’interroger sur ce que l’on met réellement dans son caddie.

Biosourcé, biodégradable, compostable : les définitions essentielles

Un sac biosourcé est fabriqué entièrement ou en partie à partir de matières premières biologiques, telles que l’amidon de maïs ou de pomme de terre, et non exclusivement à partir de pétrole. En France, la loi a imposé un seuil minimal de teneur biosourcée progressif pour les sacs à usage unique : 30 % en 2017, puis 60 % en 2025. Cette caractéristique ne dit absolument rien sur la capacité du sac à se décomposer, ni sur l’endroit où il doit être éliminé.

Un sac biodégradable peut être décomposé par des micro-organismes, mais le milieu concerné — sol, eau ou compost — et la durée nécessaire ne sont souvent nullement précisés. L’European Environment Agency résume ainsi la chose : « les matériaux biodégradables et compostables peuvent être décomposés par des micro-organismes en eau, dioxyde de carbone, sels minéraux et nouvelle biomasse dans un délai défini ». Un sac compostable, quant à lui, est biodégradable dans des conditions de compostage strictement définies, généralement attestées par une norme reconnue. Tous les sacs compostables sont biodégradables, mais la réciproque est loin d’être vraie.

Compostage domestique ou industriel : une distinction qui change tout

La ligne de fracture la plus importante oppose le compostage industriel au compostage domestique. Dans les usines de compostage ou de méthanisation, la température, l’humidité, l’apport en oxygène et la durée de traitement sont finement contrôlés. Les sacs conformes à la norme EN 13432 sont spécifiquement conçus pour se dégrader dans ces conditions particulières.

L’European Environment Agency rappelle à ce sujet que « les conditions dans les composteurs domestiques et dans l’environnement ouvert sont très différentes de celles des installations de compostage industriel, ce qui affecte la vitesse et l’étendue de la dégradation ». Dans un composteur de jardin, les températures restent plus basses et bien moins régulières. C’est précisément pour cette raison qu’une norme dédiée au compostage domestique a été élaborée — la NF T 51-800 — ainsi qu’un label privé très reconnu dans le secteur : le OK compost HOME.

La FAQ du ministère français de la Transition écologique précise qu’un sac uniquement certifié EN 13432 ne suffit pas pour revendiquer la possibilité d’un compostage en jardin. Sur le terrain, certaines collectivités recommandent les sacs compostables pour la collecte des bio-déchets, quand d’autres les refusent catégoriquement, selon la filière de traitement dont elles disposent.

Comment éviter le greenwashing et bien trier son sac

Le flou entretenu par le marketing génère des erreurs de tri aux conséquences réelles. Dans une enquête citée par l’European Environment Agency, 58 % des personnes interrogées en Allemagne estimaient que tous les « bioplastiques » étaient compostables. L’agence juge que « les plastiques biodégradables, compostables et biosourcés ont besoin d’un étiquetage plus clair et de campagnes de sensibilisation répétées ».

La Commission européenne rappelle par ailleurs la hiérarchie des déchets : réduire en priorité, réutiliser ensuite, puis recycler. Les plastiques compostables ne présentent d’intérêt que pour des usages bien ciblés, notamment les sacs destinés à la collecte des bio-déchets.

Pour s’y retrouver en magasin, quelques réflexes permettent de distinguer les sacs réellement « verts » des autres :

  • Rechercher une mention explicite « compostage domestique » ou « compostage industriel », accompagnée d’une norme reconnue ;
  • Repérer la norme EN 13432 pour le compostage industriel, et la norme NF T 51-800 ou le label OK compost HOME pour le compostage au jardin ;
  • Vérifier, pour les petits sacs fruits et légumes, qu’ils sont à la fois biosourcés et compostables, conformément à la réglementation française ;
  • Se méfier des mentions isolées telles que « biodégradable » ou « respecte l’environnement », jugées trompeuses par le ministère français dès lors qu’elles ne précisent ni le milieu ni la norme applicable.

Un sac « vert » mal orienté reste un déchet mal géré

La question du geste final reste entière. Les plastiques compostables sont aujourd’hui traités comme des impuretés s’ils se retrouvent dans le bac de tri des plastiques classiques — ils ne doivent absolument pas y être déposés. Ils n’ont pas davantage leur place dans la nature, où ils risquent de se fragmenter en microplastiques ou de se dégrader très lentement.

L’European Environment Agency soulève d’ailleurs une préoccupation de fond : « il existe des craintes que les consommateurs ne comprennent les allégations de biodégradabilité ou de compostabilité comme un permis de jeter ». Un sac portant la mention « biodégradable » ne doit donc en aucun cas devenir un prétexte pour abandonner ses déchets dans l’environnement.