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Sac biosourcé, biodégradable ou compostable : trois termes qu’il ne faut plus confondre

En bref

Les sacs biosourcés sont fabriqués à partir de matières biologiques mais ne sont pas nécessairement biodégradables, les sacs biodégradables se décomposent selon des conditions variables et peuvent persister dans la nature, tandis que les sacs compostables se dégradent dans des conditions de compostage précises définies par des normes comme EN 13432 pour le compostage industriel ou NF T 51-800 pour le compostage domestique.

Trois points à retenir

  1. Un sac biosourcé provient de matières biologiques comme l'amidon de maïs mais peut ne pas être compostable ni biodégradable
  2. La mention « biodégradable » seule, sans norme associée, peut induire en erreur car le sac peut persister plusieurs années dans la nature
  3. Les sacs compostables selon EN 13432 nécessitent un compostage industriel et ne se dégradent pas forcément dans un composteur de jardin

La réponse en bref

Un sac biosourcé est fabriqué à partir de matières biologiques mais n'est pas forcément biodégradable ; un sac biodégradable se décompose selon des conditions variables et peut persister longtemps dans la nature ; un sac compostable se dégrade dans des conditions de compostage précises, industrielles (EN 13432) ou domestiques (NF T 51-800).

Trois mots, trois réalités très différentes

Dans les rayons des supermarchés ou dans les espaces jardinage, les sacs arborent désormais toutes sortes de logos verts supposément rassurants : biosourcé, biodégradable, compostable. Le problème est que ces trois termes ne recouvrent absolument pas la même réalité, même quand ils apparaissent côte à côte sur un même emballage. Conséquence directe : les consommateurs hésitent, trient au petit bonheur, ou abandonnent carrément l’idée de trier.

L’Agence européenne pour l’environnement souligne que ces plastiques ne représentent qu’environ 1 % du marché mondial, mais qu’ils occupent une place considérable dans les discours marketing. Une enquête citée par l’agence révèle qu’en Allemagne, 58 % des personnes interrogées croient que tous les « bioplastiques » sont compostables. Ce malentendu a pourtant des conséquences très concrètes au moment de jeter son sac.

Sac biosourcé : ce que l’origine de la matière dit — et ne dit pas

Un sac biosourcé est fabriqué en totalité ou en partie à partir de matières premières d’origine biologique — de l’amidon de maïs ou de la canne à sucre, par exemple — et non à partir de pétrole. L’Agence européenne pour l’environnement précise que les plastiques biosourcés se définissent exclusivement par leur origine, et non par ce qu’il advient d’eux en fin de vie. Un sac peut donc tout à fait être biosourcé tout en n’étant ni compostable ni même biodégradable.

Pour attester qu’un sac est bien biosourcé, les industriels s’appuient sur la norme EN 16620, qui mesure la proportion de carbone d’origine renouvelable grâce à l’isotope carbone 14. En France, le Code de l’environnement encadre la teneur minimale en matière biosourcée de certains sacs et impose un affichage du pourcentage. Mais ce pourcentage seul ne vous dit rien sur la poubelle dans laquelle le mettre.

Sac biodégradable : un terme trompeur, sans indication de milieu ni de durée

La biodégradabilité désigne la capacité d’un matériau à être décomposé par des micro-organismes en eau, dioxyde de carbone, sels minéraux et nouvelle biomasse. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, « le fait qu’un plastique biodégradable ou compostable se dégrade, et la vitesse à laquelle il le fait, dépend fortement des conditions auxquelles il est exposé lors de son élimination ». La température, l’humidité, l’oxygène et la durée d’exposition jouent tous un rôle déterminant.

« Les conditions dans les composteurs domestiques et dans l’environnement ouvert sont très différentes de celles des usines de compostage industriel, et cela affecte la vitesse et l’ampleur de la dégradation », précise la même agence. Concrètement, un sac vendu comme biodégradable peut persister plusieurs années s’il est abandonné dans la nature, voire se fragmenter en microplastiques. Les autorités françaises rappellent d’ailleurs que la seule mention « biodégradable », sans norme associée ni consignes claires, peut induire en erreur.

Sac compostable : industriel ou domestique, comment trier correctement

Un sac compostable est un sac biodégradable dans des conditions de compostage précisément définies, et dans un délai encadré par des normes. Les plastiques conformes à la norme EN 13432 sont dits « compostables industriellement » : ils sont conçus pour se dégrader dans une installation de compostage ou de méthanisation, avec température et aération contrôlées. Cela ne garantit en aucun cas leur dégradation dans un composteur de jardin.

L’Agence européenne pour l’environnement recommande que « les plastiques biodégradables, compostables et biosourcés ont besoin d’un étiquetage plus clair et de campagnes de sensibilisation répétées visant les utilisateurs pour garantir leur bonne élimination et leur bon traitement ». En France, la norme NF T 51-800 encadre les plastiques compostables en compostage domestique, et le label OK compost HOME est souvent utilisé comme repère fiable.

Pour s’y retrouver face aux logos, quelques réflexes simples font toute la différence :

  • si le sac mentionne seulement « biodégradable », sans aucune norme, il va avec les ordures ménagères — jamais dans la nature ;
  • si le sac est « compostable » selon la norme EN 13432, il peut être accepté avec les biodéchets uniquement si votre collectivité l’autorise explicitement ;
  • si le sac est « compostable en compostage domestique » avec mention NF T 51-800 ou OK compost HOME, il peut rejoindre le compost de jardin, là encore selon les règles locales en vigueur.

Les plastiques biodégradables et compostables peuvent faciliter la collecte des biodéchets ou limiter certains polluants dans les sols. « Les plastiques biodégradables et compostables peuvent offrir des avantages environnementaux s’ils sont développés pour des situations et des applications spécifiques », ajoute l’Agence européenne pour l’environnement. L’exemple le plus courant reste le sac de collecte des déchets de cuisine ou les petits accessoires qui restent collés aux épluchures.