Thermostat en hiver : pourquoi une température constante peut coûter plus cher
Chaque hiver, des millions de foyers français se posent la même question : vaut-il mieux maintenir une température stable en permanence, ou modifier la consigne selon les heures de la journée pour alléger la facture de chauffage ? Les avis divergent, mais la réponse dépend en réalité bien moins de la température choisie que de la façon dont votre logement retient ou dissipe la chaleur.
Un facteur encore plus déterminant entre en jeu : le type d’équipement installé. Chaudière gaz, pompe à chaleur, plancher chauffant, niveau d’isolation… chaque configuration appelle une stratégie différente. Voici comment faire les bons choix.
Chauffage classique : la température constante, une erreur qui coûte cher
Avec une chaudière ou une fournaise traditionnelle, maintenir une température constante jour et nuit n’est pas la solution la plus économique. La déperdition de chaleur d’un logement est directement proportionnelle à l’écart entre la température intérieure et la température extérieure. Plus cet écart est important, plus le bâtiment se refroidit rapidement et plus l’énergie consommée pour compenser est élevée.
En abaissant la consigne pendant la nuit ou lors des absences, on réduit mécaniquement ces pertes thermiques. Le ministère américain de l’Énergie l’a chiffré : un abaissement de 7 à 10 °F, soit environ 4 à 6 °C, maintenu pendant huit heures, peut représenter jusqu’à 10 % d’économies sur la facture annuelle.
Carol Ehlers, chercheuse à l’Iowa State University, confirme cette logique : « Même un degré de moins peut faire la différence. Les chiffres de l’industrie indiquent que pour chaque degré où vous baissez votre thermostat et le laissez pendant huit heures, vous économisez entre 1 % et 3 % de votre facture de chauffage. » Sur une saison entière, ces petits écarts deviennent rapidement significatifs.
Pompe à chaleur et plancher chauffant : ces configurations où il ne faut pas trop baisser
Avec une pompe à chaleur, la donne change complètement. Ce type d’appareil monte en température bien plus lentement qu’une chaudière classique. Il est souvent couplé à un chauffage d’appoint électrique très énergivore, qui se déclenche automatiquement dès qu’une remontée en température trop rapide est demandée.
Sur de nombreuses installations, une demande de 2 à 3 °C supplémentaires en un court laps de temps suffit à activer ce mode d’appoint — reconnaissable à la mention AUX qui s’affiche sur le thermostat. Résultat : la facture s’envole précisément au moment où l’on pensait faire des économies.
La stratégie recommandée pour une pompe à chaleur est donc inverse : maintenir une consigne stable et régulière, avec un écart nocturne limité à 1 ou 2 °C au maximum. Cela suffit à éviter le déclenchement du chauffage d’appoint tout en restant confortable.
Le même raisonnement s’applique aux systèmes à plancher chauffant ou à rayonnement. Leur inertie thermique est considérable : après un abaissement significatif de la consigne, la remise en température du sol peut prendre plusieurs heures. Le gain d’énergie réalisé pendant la période froide est alors largement annulé par l’effort de relance, rendant les fortes variations inutiles.
Quelle température régler en hiver, et jusqu’où peut-on descendre sans risque ?
Pour concilier confort et maîtrise des dépenses, une température de référence fréquemment citée est 68 °F, soit environ 20 °C, en journée pour un adulte en bonne santé. Les experts déconseillent toutefois aux personnes âgées de séjourner dans des pièces dont la température descend en dessous de 21 °C, en raison d’un risque réel d’hypothermie.
Par ailleurs, en dessous de 63 °F, soit environ 17 °C, des problèmes d’humidité et de condensation peuvent apparaître, avec un risque accru de tuyaux gelés — notamment dans les maisons anciennes peu isolées, particulièrement vulnérables lors des vagues de froid.
Pour une chaudière, le réglage idéal se situe autour de 19 à 20 °C en journée, avec un abaissement de 3 à 5 °C la nuit ou pendant les absences prolongées. Pour une pompe à chaleur, on vise plutôt une plage stable entre 19 et 21 °C, avec une variation nocturne maximale de 1 à 2 °C.
L’utilisation d’un thermostat programmable ou d’un thermostat intelligent permet de tester facilement ces réglages, de les ajuster selon les habitudes du foyer et de mesurer concrètement leur impact sur la consommation d’énergie au fil des semaines.


