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Bien-être

Fernando et Ana vivent dans un camping-car de 7 mètres pour préserver leur retraite : « Dès le 15 ou le 17 du mois, nous étions déjà à court d’argent »

Une vie sur les routes d’Espagne, par choix et par nécessité

Quelque part sur les routes d’Espagne, un camping-car de 7 mètres avance doucement entre villages et paysages. À son bord, Fernando et Ana, deux retraités qui ont fait le choix radical de quitter définitivement leur maison. Ce véhicule est désormais leur unique domicile, et ils n’envisagent pas de revenir en arrière.

Leur situation financière n’a rien de luxueux. « Nous sommes retraités et notre pension n’est pas très élevée », confient-ils à la radio COPE. Pourtant, trois ans après ce bouleversement de vie, ils témoignent d’un équilibre retrouvé — à la fois sur le plan budgétaire et sur celui de la liberté personnelle.

Pourquoi Fernando et Ana ont tourné le dos à la vie sédentaire

Fernando a quitté Buenos Aires en 1970 pour s’installer en Espagne. Des décennies plus tard, il décrit une sensation d’étouffement progressive : « un peu marre de tourner en rond, avec la maison, la voiture, le crédit immobilier, les enfants ». Ana, originaire du Venezuela, ressentait exactement la même chose — l’envie pressante de reprendre le contrôle de leur temps et de leur existence.

Le moment de rupture est arrivé comme une évidence. « Nous avons dit à la vie de s’arrêter », explique Fernando, « et nous avons commencé à la façonner à notre guise, en refusant de nous laisser emporter ». Ana, elle, formule leur choix avec une clarté désarmante : « Le peu de vie qu’il nous reste, déjà à plus de la moitié, eh bien, nous allons nous la consacrer. » C’est ainsi qu’est née leur vie à bord de « La Vaca ».

La Vaca, le Fiat Ducato Maxi de 27 ans devenu leur maison roulante

Leur camping-car de 7 mètres est un Fiat Ducato Maxi âgé de 27 ans. Fernando et Ana en sont les troisièmes propriétaires. Loin d’être un modèle récent, « La Vaca » a pourtant été aménagé en logement permanent fonctionnel. Fernando est particulièrement attaché à ses meubles en bois massif, qu’il juge bien plus durables que certains intérieurs modernes qui, selon lui, « se détériorent plus facilement ».

Vivre dans un espace aussi réduit implique de savoir entretenir soi-même le véhicule. Une réparation majeure leur a mobilisé cinq mois de travail : « Nous avons constaté un défaut sur toute la longueur de ce mur et avons décidé de le réparer nous-mêmes », raconte Fernando. Au total, entre la remise en état de la paroi et la peinture extérieure, ils ont déboursé 1 631 euros — très loin des devis professionnels reçus, où la peinture seule dépassait déjà 3 000 euros.

Comment leur pension modeste devient suffisante grâce aux charges supprimées

Le vrai secret de leur équilibre financier tient à tout ce qu’ils ne paient plus. En abandonnant leur logement traditionnel, Fernando et Ana ont effacé d’un trait les factures d’eau, d’électricité, les charges de copropriété, le garage et l’abonnement internet fixe. « Nous avons fait de grosses économies », affirme Ana sans détour.

La situation d’avant était bien différente : « Avant, quand nous vivions dans notre maison en briques, dès le 15 ou le 17 du mois, nous étions déjà à court d’argent et nous attendions avec impatience le 24 pour toucher notre pension. » Un témoignage qui résonne pour de nombreux retraités aux revenus limités.

  • Plus aucune facture de logement fixe à régler chaque mois
  • Des dépenses recentrées sur le carburant, le butane et l’alimentation
  • Un budget hebdomadaire estimé à environ 70 euros par semaine, hors carburant

Aujourd’hui, Fernando constate simplement : « Il reste de l’argent à la fin du mois. » Leur principale variable demeure le carburant — « plus on voyage, plus on dépense » — ce qui les pousse parfois à rester plusieurs semaines au même endroit pour limiter les frais. Ils tiennent également à souligner leur impact local : « Nous devons faire nos courses, acheter du butane, acheter de la nourriture, et cet argent reste sur place », précise Ana.

Cette existence dans 7 mètres les a finalement conduits à repenser leur rapport aux objets et à la consommation. « Moins, c’est plus », résume Ana. Chaque objet doit avoir une utilité réelle. Le reste — les balades, les paysages, le temps qui passe — n’a pas de prix. Comme le dit Fernando : « Aujourd’hui, c’est aujourd’hui, on ne sait pas ce que demain nous réserve. Alors, profitons d’aujourd’hui et on verra bien demain. »