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Petits logements : cette machine 2-en-1 fait disparaître sèche-linge et étendoir du salon en quelques semaines

En bref

Le lave-linge séchant 2-en-1 libère de l'espace dans les petits logements en remplaçant étendoir et sèche-linge séparé, mais seulement 7 % des ménages en possèdent un et 80 % des utilisateurs recourent rarement à la fonction séchage en raison de cycles longs, coûts élevés et capacité réduite.

Trois points à retenir

  1. 7 % des ménages possèdent un lave-linge séchant, et 80 % d'entre eux utilisent rarement la fonction séchage à cause de la durée, du coût et de la capacité inférieure
  2. Sécher 9 kg de linge essoré à l'intérieur prélève environ 3,3 kWh de chaleur et coûte 0,66 € au tarif réglementé, soit deux fois plus qu'un sèche-linge A+++
  3. La capacité de séchage inférieure à celle du lavage oblige parfois à retirer des pièces ou à prévoir deux passages pour une grosse lessive

La réponse en bref

Le lave-linge séchant 2-en-1 libère effectivement de l'espace au sol et réduit la présence du linge dans le séjour, mais les associations de consommateurs le recommandent comme solution de dépannage en complément d'un étendoir, car 80 % des utilisateurs recourent rarement à la fonction séchage en raison de cycles longs, coûts élevés et capacité réduite.

Lave-linge séchant : une tendance réelle, un usage encore timide

Dans un studio où chaque centimètre carré est précieux, l’étendoir installé au milieu du séjour finit par devenir un meuble à part entière. L’idée d’un appareil capable de laver et de sécher dans le même tambour — tout en éliminant le besoin d’un sèche-linge séparé et en libérant l’étendoir de son emprise sur le salon — séduit naturellement. Les fabricants désignent ces appareils sous le nom de lave-linge séchant ou lavante-séchante, une machine 2-en-1 conçue spécifiquement pour le petit logement.

Dans les bilans du Gifam, cette catégorie s’inscrit parmi les compacts et multifonctions en progression, aux côtés des lave-vaisselle de 45 cm et des petits réfrigérateurs. Selon le Gifam et NielsenIQ-GfK, le marché du sèche-linge classique a reculé de 9,7 % en 2025, tandis que les formats réduits continuent de gagner du terrain. Pourtant, derrière les promesses marketing annonçant la fin de l’étendoir et du sèche-linge, les chiffres d’équipement dressent un portrait bien plus nuancé.

Le bilan 2025 de l’électroménager décrit un marché global évalué à 9,8 milliards d’euros, en recul de 1,3 %, avec un gros électroménager à 5,38 milliards d’euros, lui aussi orienté à la baisse. Les lave-linge ont cédé 3,5 %, le sèche-linge davantage encore, alors que les appareils compacts progressent. Sur le segment du séchage pur, les sèche-linge à pompe à chaleur ont affiché une hausse de 8 % en valeur malgré le recul général de la catégorie — preuve que l’innovation se concentre sur les formats économes et mieux adaptés aux contraintes d’espace.

Les chiffres d’adoption restent néanmoins modestes : 7 % des ménages possèdent un lave-linge séchant, soit environ un foyer sur quatorze. Parmi ces utilisateurs, 80 % déclarent ne recourir que rarement, voire jamais, à la fonction séchage, en raison d’une durée de cycle jugée trop longue, du coût de l’électricité et d’une capacité de séchage inférieure à celle du lavage. Les guides de UFC-Que Choisir et de Test-Achats décrivent ce 2-en-1 comme un compromis : le gain de place est indéniable, mais les performances de séchage méritent un examen attentif, d’autant que la nouvelle étiquette énergie des sèche-linge, entrée en vigueur le 1er juillet 2025, ne s’applique pas directement à ces machines hybrides.

Pourquoi l’étendoir intérieur devient un problème dans les petits espaces

Le ras-le-bol de l’étendoir intérieur précède souvent toute réflexion technologique. Une lessive de 9 kg essorée à 1 351 tours par minute laisse encore environ 4,9 litres d’eau dans le linge, selon les données utilisées pour l’étiquette énergie européenne et le registre EPREL. Posé dans une pièce chauffée à l’électricité, chaque litre évaporé prélève environ 0,68 kWh de chaleur sur l’installation ; une machine pleine nécessite alors 3,3 kWh, soit environ 0,66 € au tarif réglementé de 0,2001 € le kWh — deux fois plus qu’un cycle de sèche-linge classé A+++.

Sur une saison de trois lessives de 6 kg par semaine d’octobre à avril, Jardin d’Amélie évalue le coût de ce séchage au salon à environ 40 € de chauffage, soit près de 200 kWh, l’ordre de grandeur que l’Ademe retient pour la consommation annuelle d’un sèche-linge. À cela s’ajoute la question de l’humidité : l’Ademe recommande de maintenir un taux d’humidité relative entre 40 et 60 %. Or une étude de la Mackintosh School of Architecture de Glasgow, conduite sur 100 logements, a mesuré une hausse de 30 % de l’humidité les jours de lessive et attribué 30 % des moisissures observées au séchage intérieur. L’architecte Colin Porteous soulignait que les habitants se confinent pour conserver la chaleur et n’aèrent pas suffisamment, rappelant que 87 % des foyers étudiés faisaient sécher leur linge à l’intérieur.

Ce que la lavante-séchante apporte vraiment dans un petit logement

Dans ce contexte, la lavante-séchante tient avant tout sa promesse de libérer de la surface au sol et de réduire la présence du linge dans le séjour. Un seul appareil à brancher, un seul raccordement à l’évacuation, et une largeur pouvant descendre sous les 45 cm — le repère mis en avant par le Gifam pour les petits espaces. Pour une personne seule ou un couple, intégrer le séchage en machine pour une partie du linge permet de limiter les séances d’étendage sans devoir installer un sèche-linge dédié qui occuperait tout un pan de mur.

Il faut toutefois composer avec certaines contraintes. La capacité de séchage inférieure à celle du lavage oblige parfois à retirer quelques pièces avant de lancer le cycle de séchage, ou à prévoir deux passages pour une grosse lessive. Les durées de programme et la consommation énergétique de la phase de séchage doivent être consultées directement dans les fiches techniques des fabricants, puisque l’étiquette énergie n’offre pas la même lisibilité que pour un sèche-linge autonome.

Les associations de consommateurs recommandent de considérer cette machine 2-en-1 comme une solution de dépannage pour les jours où il est impossible d’étendre, en complément éventuel d’un étendoir classique ou d’un étendoir chauffant d’appoint — ce dernier format étant généralement limité à 6,5 mètres d’étendage pour 120 W de puissance. Une approche réaliste qui, loin des slogans, aide à faire un choix véritablement adapté à ses habitudes et à la surface disponible.