En bref
Un bocal en verre posé sur un rebord de fenêtre à Twickenham a concentré les rayons du soleil sur un store en tissu, provoquant un incendie qui a détruit une chambre et tué un chien en novembre 2015.
Trois points à retenir
- En automne et en hiver, le soleil bas traverse les objets en verre courbes et concentre la lumière sur les tissus inflammables pendant de longues minutes.
- Les pompiers de Londres ont recensé 125 incendies causés par les rayons du soleil en cinq ans dans la région.
- Avant de sortir, il faut vérifier que vases, bocaux, miroirs et carafes ne dirigent aucun rayon vers rideaux, stores ou canapés.
La réponse en bref
Oui, poser un vase ou bocal en verre sur un rebord de fenêtre peut provoquer un incendie si le soleil traverse l'objet et concentre ses rayons sur un tissu inflammable à proximité.
Un après-midi ordinaire, un incendie inexpliqué
Un beau vase en verre trônait sur le rebord d’une fenêtre, comme dans des milliers de foyers. Puis, un après-midi de novembre, de la fumée a commencé à envahir la maison pourtant vide, semant la panique dans le quartier. À l’arrivée des pompiers, aucun grille-pain branché, aucune cheminée allumée, aucun court-circuit visible ne permettait d’expliquer le début d’incendie.
C’est en fouillant la pièce que les secours ont identifié le coupable : un simple objet en verre posé devant la vitre, et derrière lui, un store entièrement carbonisé. Ce fait divers, documenté par les pompiers de Londres à Twickenham en 2015, illustre de façon saisissante comment un incendie vase en verre rebord de fenêtre peut surgir d’un geste du quotidien en apparence totalement inoffensif.
L’incendie de Twickenham : les faits en détail
Tout s’est passé à Fielding Avenue, à Twickenham, dans le district de Richmond upon Thames. Sur le rebord d’une fenêtre se trouvait un bocal en verre — autrefois un pot de pâte à tartiner, recyclé pour y ranger des élastiques d’enfant. Ce jour-là, le soleil bas de l’hiver a traversé la vitre puis le bocal, concentrant ses rayons comme une loupe sur le store en tissu situé juste derrière.
La famille était absente, partie fêter un anniversaire. La chambre du premier étage a été entièrement détruite, le toit sévèrement endommagé. Pire encore, Jack Russell Chilli, un chien âgé de 9 ans, est mort intoxiqué par les fumées. Les enquêteurs ont formellement écarté toute autre cause. Selon les données de la London Fire Brigade, les rayons du soleil sont à l’origine de 125 incendies en cinq ans dans la région de Londres.
Pourquoi le soleil de novembre est particulièrement redoutable
Tout repose sur la géométrie de la lumière en cette saison. En automne et en hiver, le soleil reste extrêmement bas sur l’horizon. Ses rayons pénètrent alors bien plus profondément dans les pièces, presque à l’horizontale, et viennent frapper directement les objets disposés sur les rebords de fenêtre.
Dès qu’un verre à surface courbe s’interpose — qu’il soit rempli d’eau ou non — il est capable de concentrer cette lumière sur une minuscule zone de tissu pendant de longues minutes. Les pompiers de Londres soulignent que ces feux « peuvent survenir à n’importe quel moment de l’année ». Un simple ciel bleu de novembre, même par temps froid, suffit pour que le duo verre et tissu commence à chauffer dangereusement. D’autres incidents ont été recensés, notamment un feu à Bow déclenché par une bouteille en verre renvoyant le soleil sur un emballage — le logement était là aussi inoccupé au moment du départ de flammes.
Vases, bocaux, miroirs : ce qu’il faut vérifier avant de sortir
Le vase rond devant la fenêtre n’est que l’exemple le plus évident. Une carafe placée face à une baie vitrée, un bocal recyclé en pot à crayons, une boule en cristal suspendue ou encore un miroir légèrement incliné peuvent jouer exactement le même rôle de concentrateur lumineux. Le danger s’intensifie encore lorsque ces objets se trouvent à proximité immédiate d’un store, d’un rideau ou d’un canapé.
Avant de quitter votre domicile pour plusieurs heures, les pompiers recommandent un rapide tour de contrôle des fenêtres. En à peine trois minutes, il est possible de vérifier les principaux objets exposés au soleil direct :
- Vases ronds, carafes, bouteilles et bocaux en verre posés sur les rebords de fenêtre.
- Boules décoratives, presse-papiers en cristal et petits prismes accrochés devant les vitres.
- Miroirs orientés face à une fenêtre ou inclinés vers un rayon de lumière.
La règle est simple : aucun rayon de soleil ne doit traverser un objet en verre pour atteindre un tissu inflammable. Décalez le vase de quelques dizaines de centimètres, écartez rideaux et stores, et fermez si possible les occultants en tissu lorsque la maison reste vide. Ce petit rituel, combiné à la vérification régulière des détecteurs de fumée, peut éviter qu’un paisible après-midi de novembre ensoleillé ne se transforme, comme à Twickenham, en une chambre ravagée et un deuil douloureux.


