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Si votre maison en pierre est classée F ou G au DPE, ce calcul vous désavantage et ces 4 travaux peuvent la sauver

Pourquoi les maisons en pierre obtiennent si souvent un F ou un G au DPE

Longère bretonne, ferme en Dordogne, maison de bourg en granit… Beaucoup de propriétaires de maison en pierre vivent la même expérience déconcertante : un confort réel été comme hiver, puis une lettre F ou G au diagnostic de performance énergétique qui apparaît sur l’annonce immobilière. Pour une bâtisse réputée robuste et naturellement tempérée, ce verdict ressemble à une contradiction.

Depuis que l’étiquette énergétique conditionne le droit de louer et pèse lourd dans le prix de vente, cette mauvaise note inquiète. Elle tient pourtant autant à la logique du calcul qu’à la maison elle-même. Quelques travaux bien ciblés permettent souvent de remonter la pente.

Une méthode de calcul défavorable au bâti ancien

Depuis le 1er juillet 2021, tous les logements sont évalués selon une méthode unique appelée 3CL. Le DPE ne s’appuie plus sur les factures réelles, mais sur une consommation théorique calculée à partir des caractéristiques relevées sur place. Les anciens diagnostics réalisés entre 2018 et le 30 juin 2021 ont cessé d’être valables au 31 décembre 2024, y compris les anciens DPE vierges. Résultat : beaucoup de maisons en pierre ont vu leur note s’effondrer.

La raison principale est simple : le logiciel mesure les pertes thermiques instantanées, et non la capacité des murs épais à stocker et restituer la chaleur. Lorsque l’épaisseur ou la nature de la pierre sont inconnues, des valeurs par défaut presque toujours défavorables sont appliquées automatiquement. Un mur enterré peut être traité comme un mur exposé à l’extérieur, un isolant dissimulé sous un rampant est tout simplement ignoré.

L’humidité constitue aussi un angle mort du dispositif : un mur gorgé d’eau isole mal, mais un drainage ou un enduit à la chaux qui l’assèche n’améliore quasiment pas la note. Par ailleurs, la classe finale découle de deux indicateurs — énergie primaire et gaz à effet de serre — et c’est le plus mauvais des deux qui l’emporte, ce qui pénalise fortement les chaudières au fioul ou au gaz.

Avant de lancer des travaux : sécuriser le diagnostic existant

Première vérification utile : la date du DPE et le système de chauffage. Pour un logement chauffé à l’électricité, le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, avant de descendre à 1,7 au 1er janvier 2027, selon l’arrêté du 19 août 2026.

Concrètement, une maison estimée à 150 kWh d’électricité finale par mètre carré et par an est passée de 345 à 285, puis à 255 kWh d’énergie primaire — sans aucun travaux. Une attestation de mise à jour peut être téléchargée gratuitement sur l’observatoire de l’Ademe, ce qui suffit parfois à gagner une classe entière.

Fiabiliser les données pour chasser les valeurs par défaut

Avant la visite du diagnostiqueur, il est fortement conseillé de rassembler tous les documents utiles :

  • Factures d’isolation des combles, de menuiseries, de chaudière ou de pompe à chaleur, avec marques, modèles et épaisseurs
  • Plans et photos de murs mis à nu montrant la pierre et son épaisseur
  • Accès dégagés aux combles, à la cave et aux planchers

Un diagnostiqueur habitué au bâti ancien prendra le temps de mesurer et d’observer rigoureusement. N’hésitez pas à lui demander de détailler les épaisseurs saisies. Rappelons que depuis 2021, le DPE est opposable, ce qui ouvre la voie à une contestation en cas d’erreur avérée.

Les 4 travaux qui peuvent sauver une maison en pierre classée F ou G

1. Isoler les combles et la toiture

Les audits énergétiques sur ce type de bâti placent presque systématiquement ce chantier en tête de liste. La chaleur monte : une toiture peu ou pas isolée concentre une grande partie des pertes. Une isolation renforcée des combles perdus ou des rampants, avec des matériaux biosourcés comme la fibre de bois ou la ouate de cellulose, améliore fortement la classe énergétique sans toucher aux façades.

Depuis le décret du 25 août 2026, une isolation réalisée seule n’est plus finançable par MaPrimeRénov par geste, même pour un logement F ou G. Elle reste cependant éligible dans le cadre d’une rénovation d’ampleur ou via l’éco-prêt à taux zéro.

2. Remplacer la chaudière par une pompe à chaleur

Deuxième levier majeur : substituer une vieille chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur air-eau ou un raccordement à un réseau de chaleur. Cette opération réduit fortement les émissions de CO₂ et améliore sensiblement les deux indicateurs du DPE. Pour les maisons individuelles classées F ou G, MaPrimeRénov par geste reste ouverte pour ces équipements jusqu’au 31 décembre 2027.

3. Renouveler les menuiseries et traiter les infiltrations d’air

Remplacer des fenêtres à simple vitrage par du double vitrage en bois bien posé, traiter les bas de portes et les joints limite efficacement les courants d’air. Ce resserrage de l’enveloppe exige toutefois une ventilation performante — souvent une VMC hygroréglable — faute de quoi la vapeur d’eau se concentre dans les murs et fragilise la pierre sur le long terme.

4. Isoler les murs avec des matériaux perspirants

Le quatrième chantier porte sur l’isolation des murs, mais uniquement avec des matériaux compatibles avec le bâti ancien : enduit chaux-chanvre, doublage en laine ou en fibre de bois. Les façades nord et ouest passent en priorité, les murs ensoleillés bénéficiant davantage de l’inertie naturelle de la pierre. Quand un plancher bas sur cave ou terre-plein reste accessible, son isolation vient utilement compléter l’ensemble.

Une urgence réglementaire qui ne laisse plus le temps d’attendre

La pression législative rend ces travaux d’autant plus stratégiques. Les logements classés G ne peuvent plus être mis en location pour un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025. La classe F suivra au 1er janvier 2028. Par ailleurs, la vente d’une maison individuelle classée E, F ou G impose déjà la réalisation d’un audit énergétique détaillant plusieurs scénarios de rénovation.

Dans une maison en pierre, ces quatre leviers restent ceux qui permettent à la fois d’améliorer l’étiquette énergétique et de respecter l’intégrité du bâti ancien. Un double objectif qui, bien orchestré, peut transformer un classement pénalisant en véritable atout immobilier.