En bref
Les pompiers distinguent deux dangers domestiques souvent confondus : l'odeur de gaz signale une fuite explosive tandis qu'une mauvaise combustion de chaudière produit du monoxyde de carbone invisible et mortel.
Trois points à retenir
- Une odeur d'œuf pourri indique une fuite de gaz risquant l'explosion, tandis que le monoxyde de carbone issu d'une mauvaise combustion est totalement inodore et invisible
- En cas d'odeur de gaz, il faut éviter toute étincelle (interrupteur, flamme, téléphone), aérer, couper le compteur et évacuer avant d'appeler les secours depuis l'extérieur
- Le monoxyde de carbone provoque maux de tête, vertiges et nausées chez plusieurs occupants simultanément, symptômes qui s'atténuent à l'air libre
La réponse en bref
En cas d'odeur de gaz, il faut aérer, couper le compteur, évacuer sans créer d'étincelle et appeler les secours depuis l'extérieur. Pour une mauvaise combustion (flamme jaune, suie), il faut ventiler, couper la chaudière, sortir et alerter les pompiers.
Deux dangers bien distincts que l’on confond trop souvent
Un matin d’hiver, une odeur d’œuf pourri flotte dans la cuisine, la flamme de la gazinière vire au jaune et un malaise s’installe progressivement. Le réflexe immédiat de beaucoup consiste à parler d’une seule et même menace : une odeur de gaz. Pourtant, les sapeurs-pompiers le constatent quotidiennement — cette confusion peut avoir des conséquences dramatiques.
Le sergent Abel Allende, du Service d’extinction des incendies de Palencia, est catégorique sur ce point : « L’odeur de gaz et une mauvaise combustion de la chaudière sont deux incidents complètement distincts ». D’un côté, le risque majeur est l’explosion. De l’autre, c’est une intoxication au monoxyde de carbone, un gaz totalement invisible et sans la moindre odeur. Deux situations, deux comportements à adopter sans hésitation.
Odeur de gaz ou mauvaise combustion de chaudière : deux dangers différents
Pour les pompiers, percevoir une forte odeur de gaz évoque en priorité une fuite de combustible — qu’il s’agisse de gaz naturel, de butane ou de propane. Naturellement inodore, le gaz est additivé d’un composé chimique lui conférant ce caractéristique parfum d’œuf pourri. « Le premier incident signale une possible fuite de combustible », précise Abel Allende, rappelant qu’un mélange gaz-air peut exploser au contact de la plus infime flamme ou étincelle.
La seconde situation n’a strictement rien à voir avec une fuite. Une chaudière mal réglée qui brûle son combustible avec un apport d’oxygène insuffisant génère du monoxyde de carbone (CO). Ce gaz ne se voit pas, ne se sent pas. Une fois inhalé, il se fixe sur l’hémoglobine bien plus facilement que l’oxygène, privant progressivement l’organisme de ce dont il a besoin pour fonctionner. En France, le Ministère de la Santé et l’Assurance maladie recensent chaque année 3 000 personnes intoxiquées au CO et une centaine de décès.
Que faire immédiatement si une odeur de gaz apparaît chez vous
Dès qu’une odeur suspecte est détectée dans un logement, certains gestes sont absolument à proscrire. Tout ce qui est susceptible de produire une étincelle devient une menace réelle : actionner un interrupteur, allumer une flamme, utiliser un appareil électrique, téléphoner à l’intérieur, appuyer sur une sonnette ou emprunter un ascenseur. « Si la concentration est dans la plage d’explosivité, la simple étincelle d’un interrupteur peut provoquer une déflagration », avertit Abel Allende.
Les bons réflexes, tels que détaillés par GRDF, se résument en quelques étapes essentielles :
- Ouvrir largement fenêtres et portes afin de diluer le gaz dans l’air ambiant.
- Couper l’arrivée de gaz au compteur si cette action peut être réalisée sans danger.
- Évacuer immédiatement tous les occupants du logement.
- Une fois à l’extérieur, composer le 18, le 112 ou le numéro Urgence Sécurité Gaz de GRDF : 0 800 47 33 33, gratuit et disponible 24h/24.
Mauvaise combustion et monoxyde de carbone : signaux discrets mais graves
Lorsqu’une chaudière produit une mauvaise combustion, aucune odeur ne vient alerter les occupants. L’observation de l’installation devient alors primordiale. Une flamme correctement réglée reste bleue ; une flamme jaune, des traces de suie autour de l’appareil ou une condensation inhabituelle sur les vitres constituent des signaux d’alarme sérieux. Les chaudières dites atmosphériques, qui puisent l’air directement dans la pièce, présentent un risque particulier, surtout lorsque les grilles de ventilation ont été obstruées.
Le corps envoie lui aussi des signaux caractéristiques : maux de tête, vertiges, nausées, somnolence et sensation de lourdeur. Ces symptômes, proches de ceux d’une grippe, touchent simultanément plusieurs personnes du même foyer et s’atténuent dès la sortie à l’air libre — un indice révélateur. Les pompiers recommandent dans ce cas de ventiler immédiatement, de couper l’alimentation en gaz de la chaudière, de quitter les lieux et d’appeler les secours.
Ils insistent enfin sur l’importance de l’entretien annuel obligatoire prévu par le décret n°2009-649, ainsi que sur l’intérêt d’installer des détecteurs de gaz ou de monoxyde de carbone à piles, capables de déclencher une alarme dès les premières concentrations anormales.


