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Éteindre la lumière en quittant une pièce : cette habitude pourrait saboter vos économies d’énergie, selon les experts

En bref

Éteindre systématiquement la lumière en quittant une pièce n'est pas toujours économique, car l'efficacité du geste dépend du type d'ampoule et de la durée d'absence.

Trois points à retenir

  1. Les ampoules LED consomment jusqu'à 90 % de moins que les incandescentes et supportent très bien les allumages répétés.
  2. Pour les ampoules fluocompactes, il est recommandé de ne les éteindre que si la pièce reste inoccupée plus de 15 minutes.
  3. Le chauffage représente plus de 60 % de la consommation d'énergie d'un foyer, bien davantage que l'éclairage.

La réponse en bref

Non, ce n'est pas toujours justifié. Avec des ampoules fluocompactes, éteindre pour moins de 15 minutes réduit leur durée de vie sans gain réel, tandis que les LED supportent bien les cycles fréquents.

Un réflexe bien ancré, mais pas toujours justifié

Depuis des décennies, l’injonction est gravée dans les esprits : éteindre la lumière en quittant une pièce pour éviter de gaspiller de l’électricité. Dans de nombreux foyers, ce geste est devenu aussi automatique que de fermer une porte. Dès que la facture d’électricité s’envole, on imagine que chaque action sur l’interrupteur se traduit directement par des économies au centime près.

Pourtant, les spécialistes en économie d’énergie apportent des nuances importantes à ce discours. Selon des experts, il faut impérativement tenir compte du type d’ampoule utilisé et de la durée pendant laquelle la pièce restera inoccupée. Entre les LED modernes, les fluocompactes et les vieilles incandescentes, les règles du jeu diffèrent radicalement.

LED, halogènes et incandescentes : des technologies qui n’obéissent pas aux mêmes règles

Les ampoules LED sont aujourd’hui considérées comme les modèles les plus performants sur le plan énergétique. Elles convertissent la quasi-totalité de l’électricité en lumière et peuvent consommer jusqu’à 90 % de moins que les ampoules à incandescence traditionnelles. Leur durée de vie moyenne avoisine les 25 000 heures, et les cycles fréquents d’allumage et d’extinction ont très peu d’impact sur leur longévité.

Les ampoules halogènes, en revanche, restent particulièrement énergivores. Entre 80 et 90 % de l’énergie qu’elles consomment est dissipée sous forme de chaleur, pour une durée de vie comprise entre 1 000 et 2 000 heures seulement. Les ampoules à incandescence classiques font encore moins bien : elles ne convertissent qu’environ 10 % de l’énergie en lumière, pour une durée de vie de 750 à 1 000 heures. Remplacer ces ampoules conventionnelles par des LED peut représenter une économie d’environ 72 euros sur la durée de vie d’une seule ampoule.

Ampoules fluocompactes : la règle des 15 minutes que tout le monde devrait connaître

Les ampoules fluocompactes, couramment désignées par le sigle CFL, avaient été présentées comme une alternative économe avant l’essor des LED. Elles affichent une efficacité d’environ 85 % et une durée de vie moyenne de 8 000 heures. Par ailleurs, le mythe selon lequel leur démarrage consommerait davantage d’énergie ne tient pas : le pic initial n’implique pas une consommation électrique plus élevée.

Là où ces ampoules posent problème, c’est leur sensibilité aux allumages et extinctions répétés. Des cycles trop fréquents réduisent significativement leur durée de vie. C’est pourquoi les experts recommandent de ne les éteindre que lorsque la pièce sera inoccupée pendant plus de 15 minutes. Pour des absences très brèves, les laisser allumées est tout à fait justifié. Le vrai gain reste toutefois leur remplacement progressif par des LED.

Prioriser les bons gestes : chauffage, éclairage et lumière nocturne

Il est utile de rappeler que l’éclairage ne constitue pas le principal poste de consommation dans un logement. Selon EDF, le chauffage représente à lui seul plus de 60 % de la consommation d’énergie d’un foyer. L’entreprise précise également qu’une baisse de 1 °C dans le logement permet de réduire la consommation de chauffage de 7 %.

Les experts d’EDF soulignent par ailleurs que chaque geste écoresponsable contribue à accélérer la transition énergétique et à préserver les ressources pour les générations futures. Optimiser le thermostat, utiliser des variateurs, des minuteries ou des détecteurs de présence pour automatiser l’extinction des lumières font partie des réflexes les plus efficaces à adopter.

Le Cerema attire également l’attention sur les effets concrets de l’éclairage artificiel nocturne sur la faune. Selon l’organisme, l’introduction de lumière artificielle la nuit affecte le comportement et la physiologie de nombreuses espèces animales. Réduire les lumières extérieures inutiles dans un jardin permet donc à la fois d’alléger la facture d’électricité et de préserver la vie nocturne locale.