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Rénovation énergétique : ce rebond au 3e trimestre 2026 masque une réalité moins rassurante pour vos travaux

Un signal positif isolé dans un secteur encore en difficulté

Depuis deux ans, les artisans du bâtiment accumulent les mauvaises nouvelles. Pourtant, le troisième trimestre 2026 apporte enfin une lueur d’espoir : le segment de la rénovation énergétique repart légèrement à la hausse, soutenu par un besoin croissant de confort dans des logements souvent très énergivores.

La CAPEB, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, vient de publier des chiffres qui témoignent d’un marché en train de se réveiller, même si l’activité globale du secteur demeure dans le rouge. Professionnels et particuliers se posent alors la même question : s’agit-il du début d’une véritable reprise, ou d’un simple sursaut provoqué par un été caniculaire ?

Rénovation énergétique au T3 2026 : un +1 % qui contraste avec le recul du bâtiment

Entre juillet et septembre 2026, l’activité liée à la performance énergétique des logements a progressé d’environ 1 % par rapport au troisième trimestre 2025. Dans le même temps, l’artisanat du bâtiment enregistre un recul d’environ 1 % sur l’ensemble des travaux, selon les données relayées par la CAPEB.

Les métiers de la couverture-plomberie-chauffage affichent une hausse proche de 2,5 %, tandis que l’électricité progresse d’environ 0,5 %. En toile de fond, la France compte près de 30 millions de résidences principales, dont plusieurs millions de passoires thermiques classées F ou G au DPE.

Chaque année, entre 2,7 et 3 millions de « gestes » de rénovation énergétique sont réalisés, mais seules 200 000 rénovations d’ampleur combinent isolation, chauffage et eau chaude. Pour les entreprises du secteur, ce potentiel nourrit l’espoir que le signal positif du T3 2026 ne reste pas sans lendemain.

Canicule, climatisation et confort d’été : les véritables moteurs du rebond

Le +1 % enregistré sur la rénovation énergétique au T3 2026 provient avant tout des équipements liés au confort d’été. Les vagues de chaleur ont multiplié les demandes de climatisation et de ventilation, dopant l’activité des entreprises de chauffage, de plomberie et d’électricité.

La CAPEB évoque un premier signe d’amélioration, mais l’origine météorologique de cette hausse invite clairement à la prudence pour 2027. Du côté des ménages, les motivations restent bien identifiées selon l’étude Toluna pour Cofidis :

  • 62 % des ménages envisageant des travaux souhaitent réduire leur facture d’énergie,
  • 53 % veulent améliorer leur confort thermique,
  • 39 % cherchent à valoriser leur logement.

Les travaux réalisés se concentrent principalement sur quelques postes essentiels :

  • isolation des combles, murs, planchers et menuiseries,
  • remplacement du système de chauffage,
  • amélioration de la production d’eau chaude.

Les installations de climatisation ou de pompes à chaleur viennent souvent en complément, pour ajuster le confort au quotidien.

Aides, TVA à 5,5 % et coûts en hausse : les conditions d’une vraie reprise

Pour que le rebond du T3 2026 se transforme en reprise durable, la question du financement reste centrale. Les aides d’État, gérées notamment par l’ANAH, déclenchent une grande partie des projets, mais les règles changent fréquemment. Plus de la moitié des Français jugent les démarches trop complexes.

Selon Cofidis, 49 % des ménages prêts à rénover envisagent de recourir à un crédit, tandis que 39 % comptent sur une ou plusieurs aides publiques, avec une forte attente de simplification des dossiers.

Consciente de ces freins, la CAPEB réclame plusieurs mesures concrètes :

  • une baisse temporaire de la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation,
  • la simplification des procédures administratives,
  • le développement de parcours de rénovation par étapes,
  • un meilleur accès des artisans au marché des pompes à chaleur, où les offres intégrées de grands acteurs limitent parfois leur présence.

Dans le même temps, la hausse des coûts de carburants et de matériaux, combinée à la pression sur les marges et la trésorerie, pèse lourdement sur les entreprises. Autant de facteurs déterminants pour savoir si la reprise de la rénovation énergétique se confirmera réellement en 2027.