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Ce robot araignée construit 200 m² en 24 h sur chantier : pourquoi certains s’inquiètent déjà pour leur métier

Six pattes, une allure d’araignée géante, et la capacité d’imprimer les murs d’une maison en une seule journée : difficile de ne pas penser à la science-fiction. Pourtant, des ingénieurs australiens planchent déjà sérieusement sur cette machine baptisée Charlotte, qui ambitionne de transformer en profondeur l’organisation des chantiers de construction. Une perspective qui soulève des inquiétudes bien réelles chez les professionnels du bâtiment.

Fruit d’une collaboration entre les sociétés australiennes Crest Robotics et Earthbuilt Technology, ce robot araignée est conçu pour extruder un matériau de construction recyclé et ériger, couche après couche, les parois d’une habitation. Ses concepteurs affirment qu’il pourrait construire une maison d’environ 200 mètres carrés en moins de 24 heures, avec une productivité équivalente à celle d’une centaine d’ouvriers. Une promesse spectaculaire qui soulève aussitôt une question évidente : que reste-t-il vraiment à faire aux humains sur le chantier ?

Charlotte : la promesse de bâtir 200 m² en 24 heures

Le projet Charlotte est né de la volonté de Crest Robotics et Earthbuilt Technology d’automatiser une large part du gros œuvre. Plutôt que de mobiliser grues, coffrages et équipes successives, la machine se déplace de façon autonome autour de la future maison et extrude la structure directement sur site. Le prototype a été présenté lors du 76e International Astronautical Congress à Sydney, avec le soutien financier du programme Space+ de l’État de Nouvelle-Galles du Sud.

D’après les informations relayées par plusieurs médias spécialisés, les ingénieurs visent une surface d’environ 200 mètres carrés en 24 heures, une cadence souvent comparée au travail de plus de 100 maçons. Charlotte se chargerait uniquement des murs porteurs et de refend — une étape qui nécessite habituellement plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sur un chantier traditionnel. Il convient toutefois de souligner que Charlotte demeure un prototype et qu’aucune maison complète n’a encore été réalisée dans ces conditions.

Comment Charlotte construit une maison grâce à l’impression 3D

Contrairement aux systèmes d’impression 3D de construction classiques, fixés sur des rails, Charlotte adopte une architecture hexapode inspirée des araignées. Le robot se déplace sur ses six pattes autour de l’ouvrage, ajuste sa position et dépose un cordon de matériau là où les plans numériques l’indiquent. Les couches s’accumulent progressivement pour former des parois complètes, avec des réservations prévues pour les ouvertures.

Cette mobilité doit théoriquement permettre d’intervenir sur des terrains irréguliers, sans avoir à installer de portique imposant. Le mélange extrudé a été mis au point par Earthbuilt Technology à partir de sable, de verre recyclé et de brique concassée, dans une logique d’utilisation maximale des ressources locales et de réduction des déchets. Ces structures viseraient également une bonne résistance au feu et aux inondations, bien que ces performances devront impérativement être validées par des essais techniques et des évaluations indépendantes avant toute généralisation à des logements habitables.

Quel avenir pour les maçons face à Charlotte et aux robots du bâtiment ?

Il est essentiel de bien comprendre ce que recouvre réellement la performance annoncée. La réalisation de la structure ne représente pas une maison « clé en main ». Pour obtenir un logement habitable, fondations, toiture, réseaux et finitions restent entièrement du ressort des équipes humaines.

  • Charlotte extrude les murs et les cloisons.
  • Les ouvriers préparent le terrain et réalisent les fondations.
  • Les artisans se chargent des toitures, des réseaux et des menuiseries.

Par ailleurs, le consortium Lunar Construction Collective s’intéresse, en lien avec le programme NASA MMPACT, à l’utilisation de l’ISRU et du régolithe lunaire pour adapter ce robot à des chantiers de construction sur la Lune. Une ambition qui illustre à quel point les applications potentielles de Charlotte dépassent largement le seul secteur du bâtiment terrestre.