AM Délices

Les bonnes idées pour la vie de tous les jours

Bien-être

Il versait 370 € de pension alimentaire à sa fille de 22 ans : quand la justice découvre qu’elle gagne 1 515 € par mois, tout change

Une pension alimentaire versée depuis des années… mais la situation a évolué

Le versement d’une pension alimentaire ne s’interrompt pas automatiquement le jour des 18 ans d’un enfant. Tant qu’un jeune adulte poursuit ses études ou ne dispose pas de ressources suffisantes, ses parents peuvent rester tenus de contribuer à ses besoins. Mais que se passe-t-il lorsque la situation financière de l’enfant évolue significativement ? En Espagne, un père a décidé de poser la question devant les tribunaux.

Depuis de longues années, cet homme versait chaque mois une pension alimentaire à sa fille, aujourd’hui âgée de 22 ans. Dès lors qu’il a appris qu’elle exerçait plusieurs activités rémunérées, il a choisi de saisir la justice pour obtenir la suppression de cette aide financière.

Retour sur une obligation née en 2004

Tout remonte à 2004, année à laquelle les parents de la jeune femme se séparent. Un accord établit alors que le père versera 300 euros par mois à sa fille. Cette obligation est confirmée lors de leur divorce en 2008. Au fil du temps, le montant est régulièrement revalorisé en fonction de l’inflation, pour finalement atteindre environ 370 euros mensuels.

Lorsque sa fille fête ses 22 ans, le père estime que le moment est venu de mettre fin à ces versements. À ses yeux, elle travaille et perçoit désormais des revenus lui permettant de faire face à ses propres dépenses. Il saisit donc le tribunal compétent pour demander l’arrêt de la pension alimentaire.

Un premier refus de la justice, puis un appel décisif

Dans un premier temps, sa demande est rejetée. Les juges estiment que les emplois occupés par la jeune femme sont trop ponctuels et trop irréguliers pour lui garantir une autonomie financière réelle, notamment au regard de son souhait de poursuivre des études à Madrid. Pas question, pour eux, de supprimer l’aide paternelle dans ces conditions.

Refusant d’en rester là, le père décide de faire appel de cette décision. C’est lors de cette seconde procédure que la situation prend un tournant inattendu.

La cour d’appel de Malaga découvre des revenus bien réels

En examinant le dossier de plus près, la cour d’appel de Malaga met au jour une réalité très différente de celle présentée initialement. Il apparaît notamment qu’en juin 2025, la jeune femme a perçu un salaire net de 1 515,18 euros. Elle a par ailleurs occupé plusieurs postes temporaires, dont celui de maître-nageuse sauveteuse.

Le père avance également que sa fille génèrerait des revenus grâce à ses comptes TikTok et Instagram, évoquant même plusieurs milliers d’euros par mois. Faute de preuves concrètes, les magistrats ne retiennent toutefois pas ces allégations. De son côté, la jeune femme affirme vouloir s’inscrire dans une formation liée aux arts du spectacle à Madrid. Problème : au moment du déclenchement de la procédure, elle avait déjà achevé son cursus précédent et n’était inscrite dans aucune nouvelle formation.

Qu’a décidé la justice en définitive ?

Le 13 mai 2026, la cour d’appel de Malaga tranche en faveur du père. Pour les magistrats, le niveau de salaire constaté et l’expérience professionnelle accumulée par la jeune femme établissent clairement qu’elle est désormais en mesure de subvenir à ses propres besoins.

Le père avait également mis en avant l’absence de relations avec sa fille et le fait qu’il assumait déjà la charge de deux autres enfants mineurs. Ces arguments n’ont toutefois pas été retenus comme motifs de suppression de la pension alimentaire — seule la capacité financière de la jeune femme a fondé la décision. Les versements mensuels sont donc officiellement arrêtés. Concernant les frais de procédure, chaque partie supportera les siens, et les dépenses communes seront partagées entre elles.