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Déficit foncier : ce super bonus de 21 400 € jusqu’en 2027 peut effacer vos impôts… ou vous coûter cher

Un mécanisme fiscal méconnu qui peut transformer vos travaux en économies d’impôt

Les propriétaires qui louent leur bien vide le savent : remettre une passoire énergétique aux normes représente un investissement considérable. Pour les y encourager, l’État a mis en place un super déficit foncier permettant d’imputer jusqu’à 21 400 € de travaux directement sur le revenu imposable global — soit le double du plafond habituel de 10 700 €.

Ce dispositif fait partie des 470 niches fiscales recensées par le Conseil des prélèvements obligatoires. Sa particularité ? Sa date de fin est inscrite noir sur blanc dans la loi. Le plafond majoré s’applique aux dépenses réglées entre 2023 et 2027, dans un contexte de durcissement progressif des règles encadrant les logements énergivores.

Déficit foncier : comment 21 400 € de travaux effacent le revenu imposable

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, le déficit foncier n’est ni une réduction ni un crédit d’impôt. Comme le précise le site Jechange, « c’est une déduction ». La logique est pourtant simple : en location nue au régime réel, le bailleur additionne l’ensemble de ses charges, puis les soustrait des loyers perçus.

Lorsque ces charges — travaux d’entretien, de réparation ou d’amélioration, taxe foncière, assurance, frais de gestion — dépassent les loyers encaissés, un déficit se forme. Hors intérêts d’emprunt, qui ne se déduisent que des revenus fonciers, ce déficit vient s’imputer sur les salaires et pensions dans la limite annuelle de 10 700 €, portée à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique. L’éventuel excédent reste reportable pendant dix ans sur les revenus fonciers futurs.

Travaux, DPE et calendrier : les conditions pour profiter des 21 400 € jusqu’en 2027

Ce dispositif ne concerne que les locations nues déclarées au régime réel. Le micro-foncier — réservé aux loyers annuels inférieurs à 15 000 € et offrant un abattement forfaitaire de 30 % — ne permet pas de générer de déficit. Par ailleurs, le logement concerné doit impérativement rester loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation, faute de quoi le fisc procède à une reprise des avantages accordés.

Pour accéder au plafond majoré de 21 400 €, Jechange rappelle les conditions issues des textes fiscaux :

  • Le logement doit être initialement classé E, F ou G au diagnostic de performance énergétique, puis reclassé A, B, C ou D à l’issue des travaux de rénovation énergétique ;
  • Les dépenses, hors agrandissement ou construction, doivent avoir été payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027 et être justifiées par des factures d’entreprise.

Super déficit foncier : un bonus de 21 400 € pas toujours rentable selon les experts

Jechange illustre l’impact du super plafond à travers le barème fiscal. Dans la tranche à 30 %, un déficit de 10 700 € efface 3 210 € d’impôt sur le revenu ; en portant ce déficit à 21 400 €, l’économie atteint 6 420 €. Dans la tranche à 41 %, on passe respectivement de 4 387 € à 8 774 €. En revanche, un foyer non imposable ne tire strictement aucun bénéfice de ce mécanisme, puisque la déduction s’applique à un impôt déjà nul.

Le site Corrigetonimpot porte un regard bien plus sceptique sur le dispositif. Son auteur distingue le « déficit utilisé » — imputé immédiatement sur le revenu global — du « déficit provisionné », reporté sur de futurs loyers imposables. Ce dernier présente l’avantage d’effacer à la fois l’impôt au barème et les prélèvements sociaux de 17,2 %. Dans un exemple chiffré, 21 400 € de travaux génèrent 8 260 € d’économie fiscale en n’imputant que 10 700 € sur le revenu global et en provisionnant le reste — contre seulement 6 420 € avec le plafond majoré, soit un manque à gagner de 1 840 €.

« Cette niche fiscale est complètement contreproductive et je ne comprends pas qui pourrait en vouloir », écrit l’auteur de Corrigetonimpot, tout en reconnaissant que le dispositif peut malgré tout s’avérer avantageux pour les contribuables dont la tranche d’imposition sera nettement plus basse après la réalisation des travaux.