En bref
L'ADEME recommande de baisser le chauffage de 2 à 3 °C lors d'absences courtes plutôt que de l'éteindre, soit environ 16 à 17 °C si le logement est habituellement réglé à 19 ou 20 °C.
Trois points à retenir
- Éteindre complètement le chauffage génère un pic de consommation au redémarrage qui annule les économies réalisées pendant l'absence.
- Pour une absence de moins de 24 heures, il faut abaisser la température de 2 à 3 °C sans descendre sous 16 °C.
- Un thermostat programmable peut générer jusqu'à 15 % d'économies sur la facture de chauffage selon l'ADEME.
La réponse en bref
Il faut abaisser le chauffage de 2 à 3 °C, soit environ 16 à 17 °C pour une absence courte, et non l'éteindre complètement. Cette baisse modérée limite la consommation tout en conservant une chaleur résiduelle qui évite un pic énergétique coûteux au retour.
Éteindre ou baisser le chauffage en partant : que faut-il vraiment faire ?
C’est un geste presque automatique : juste avant de claquer la porte, on tourne le thermostat au minimum ou on coupe tout, convaincu de faire des économies. Pourtant, le retour est souvent brutal — maison glaciale, radiateurs à fond, et une chaleur qui met des heures à revenir.
Avec des prix de l’énergie sous haute surveillance et un hiver imprévisible, la question agite tous les foyers : vaut-il mieux éteindre ou simplement réduire le chauffage lors d’une absence, même courte ? Les experts du confort thermique ont une réponse claire, et elle contredit ce réflexe bien ancré qui, en réalité, ne protège pas vraiment le porte-monnaie.
Le vrai coût d’un logement complètement refroidi
Quand on s’absente pour la journée, l’instinct pousse à couper le chauffage ou à le descendre au plus bas. Logique sur le papier : moins on chauffe, moins on consomme. Mais les experts rappellent une réalité moins simple.
Un logement entièrement refroidi nécessite un effort considérable pour retrouver une température agréable. Les murs, les sols, les meubles et l’air ambiant doivent tous être réchauffés depuis zéro, ce qui génère un pic de consommation capable d’annuler toutes les économies réalisées pendant les heures d’arrêt.
Cette alternance entre refroidissement total et remontée brutale n’est pas seulement énergivore. Les professionnels observent qu’un intérieur qui descend trop bas devient humide, avec des parois froides et une sensation de courant d’air persistante même après le redémarrage des radiateurs. Maintenir une température modérée et stable évite précisément ces désagréments. L’Ademe le confirme : abaisser la température de consigne d’un seul degré suffit à réduire d’environ 7 % la consommation de chauffage. Le gain se joue dans la précision du réglage, pas dans les extrêmes.
L’astuce des professionnels : une réduction de seulement 2 à 3 °C
Pour toute absence inférieure à 24 heures, les spécialistes sont unanimes : il ne faut surtout pas tout couper, mais plutôt abaisser le chauffage de 2 à 3 °C. En pratique, si votre logement est habituellement réglé à 19 ou 20 °C, programmer 16 à 17 °C pendant votre journée de travail suffit largement.
Cette baisse contenue limite la dépense énergétique pendant l’absence tout en conservant une chaleur résiduelle utile : les parois restent tièdes, l’humidité ne s’installe pas, et la remise en température au retour est rapide et peu coûteuse.
Autre repère important mis en avant par les professionnels : ne jamais descendre sous 16 °C pour une absence courte. Pour un week-end ou une absence de 24 à 48 heures, une température comprise entre 12 et 14 °C convient à la plupart des logements. Au-delà, pour un départ prolongé, le mode hors-gel — généralement réglé entre 8 et 12 °C selon l’installation — protège efficacement le circuit de chauffage sans laisser la maison geler. Dans tous les cas, la règle reste la même : on baisse, oui, mais sans basculer dans le froid intégral qui coûtera bien plus cher au redémarrage.
Thermostat programmable et petits gestes du quotidien : la chaleur sans effort
Pour appliquer ces réglages sans y penser chaque matin, le thermostat programmable s’impose comme un allié incontournable. Selon l’Ademe, ce type d’équipement peut générer jusqu’à 15 % d’économies sur la facture de chauffage, alors que ce poste représente déjà entre 40 et 60 % de la dépense énergétique totale des ménages.
Grâce à des plages horaires programmées, le thermostat abaisse automatiquement la température pendant les absences, puis anticipe la remontée pour que le logement retrouve une température confortable à l’heure du retour. Le gouvernement a d’ailleurs prévu de rendre ces thermostats programmables obligatoires d’ici 2030, sur chaque radiateur de chaque pièce — même si cette échéance a été repoussée par rapport au calendrier initial. À ce jour, il faut compter entre 210 et 450 € environ pour la pose d’un modèle classique, certains équipements connectés haut de gamme dépassant largement ce budget.
En complément, quelques habitudes simples renforcent l’efficacité de ces réglages sans demander d’effort particulier :
- Fermer volets et rideaux dès la tombée de la nuit pour retenir la chaleur à l’intérieur.
- Aérer brièvement le matin, 5 à 10 minutes, pour renouveler l’air sans refroidir les murs en profondeur.
- Dégager les radiateurs de tout meuble ou linge qui bloquerait la diffusion de chaleur.
- Poser des joints isolants autour des fenêtres et des portes d’entrée si nécessaire.
En combinant une baisse modérée du thermostat pendant les absences, un thermostat programmable et ces quelques réflexes d’isolation, il est tout à fait possible de préserver à la fois le confort du foyer et la facture, même durant les périodes les plus froides de l’hiver.


