En bref
Depuis 2025, la chaudière gaz est taxée à 20 % tandis que la pompe à chaleur conserve le taux réduit de 5,5 %, créant un écart de plusieurs milliers d'euros sur un même devis de rénovation.
Trois points à retenir
- Une chaudière gaz de 5 000 € hors taxes génère 1 000 € de TVA à 20 %, contre 660 € pour une pompe à chaleur air-eau de 12 000 € taxée à 5,5 %.
- La pompe à chaleur air-air fixe de moins de 12 kW classée A++ ou A+ bénéficie désormais du taux de 5,5 % depuis juillet 2026, réduisant la TVA de 1 350 € à 440 € sur un multi-split à 8 000 €.
- Acheter soi-même l'équipement en magasin fait basculer la fourniture à 20 %, seule la main-d'œuvre restant éligible aux taux réduits.
La réponse en bref
La ligne cachée est le taux de TVA appliqué au poste chauffage : depuis 2025, une chaudière gaz est taxée à 20 % tandis qu'une pompe à chaleur reste à 5,5 %, créant un écart de plusieurs milliers d'euros sur la facture finale pour un confort similaire.
Un devis de rénovation à 20 500 € : comment se répartissent les taux à 5,5 %, 10 % et 20 %
Vous avez sollicité un devis pour remplacer votre système de chauffage et isoler vos combles, et vous découvrez trois taux de TVA différents sur le même document. Depuis 2025, le poste chauffage peut faire varier votre facture finale de plusieurs milliers d’euros, pour un confort pourtant similaire.
Entre la TVA à 5,5 % réservée à la rénovation énergétique, le taux de 10 % appliqué aux travaux d’amélioration et le taux normal à 20 %, le type de chantier et l’équipement retenu deviennent absolument déterminants. La réforme introduite par la loi de finances pour 2025 a fait basculer la chaudière gaz au taux de 20 %, tandis que la pompe à chaleur conserve le taux réduit. Sur un devis de 20 500 € hors taxes, quelques lignes suffisent à tout bouleverser.
Le cadre juridique repose sur deux articles du Code général des impôts. L’article 278‑0 bis A applique la TVA à 5,5 % aux travaux améliorant la performance énergétique : isolation thermique, pompes à chaleur, équipements utilisant des énergies renouvelables, dans un logement achevé depuis plus de deux ans. L’article 279‑0 bis fixe quant à lui le taux de 10 % pour les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement ou d’entretien courant, comme l’électricité, la plomberie ou la peinture.
Tout ce qui échappe à ces deux catégories bascule automatiquement à 20 % : logement de moins de deux ans, matériel acheté directement par le client puis installé, gros équipements spécifiques, ou travaux élargissant la surface habitable de plus de 10 %. Sur un devis type de 20 500 € hors taxes comprenant 12 000 € de pompe à chaleur air‑eau, 3 000 € d’isolation et 5 500 € d’électricité et de peinture, la TVA totale s’élève à 1 375 € et le montant TTC atteint 21 875 €. Si la totalité était soumise au taux de 20 %, la TVA bondirait à 4 100 €, soit 2 725 € de plus.
Chaudière gaz à 20 %, pompe à chaleur à 5,5 % : le nouveau visage du poste chauffage
Le changement le plus frappant concerne directement le chauffage. Avant mars 2025, une chaudière gaz à condensation bénéficiait encore du taux réduit à 5,5 %. L’article 32 de la loi de finances pour 2025 l’a exclue de l’ensemble des taux réduits, au même titre que les pompes à chaleur hybrides fonctionnant avec un appoint gaz ou fioul.
Concrètement, remplacer une ancienne chaudière par une chaudière gaz facturée 5 000 € hors taxes entraîne désormais 1 000 € de TVA. À titre de comparaison, une pompe à chaleur air‑eau facturée 12 000 € ne génère que 660 € de TVA. Le choix de l’équipement pèse donc lourd dans la facture finale, indépendamment du prix de base.
La pompe à chaleur air‑air, autrement dit la climatisation réversible, a également connu une évolution notable. Depuis le 18 juillet 2026, une installation fixe d’une puissance inférieure ou égale à 12 kW, classée A++ en mono‑split ou A+ en multi‑split, avec un fluide conforme et un pilotage à distance, bénéficie désormais du taux à 5,5 %. Avant cet arrêté, la fourniture était taxée à 20 % et la pose à 10 % : sur un multi‑split à 8 000 € hors taxes, la TVA atteignait 1 350 €. Aujourd’hui, elle tombe à seulement 440 €, ce qui modifie radicalement l’arbitrage face à une chaudière gaz. Dans certains cas, un devis moins élevé intégrant une chaudière peut générer davantage de TVA qu’un devis plus onéreux incluant une pompe à chaleur.
TVA sur devis de rénovation : les bons réflexes pour éviter le taux à 20 %
La façon dont le devis est construit joue un rôle absolument central. Selon la doctrine fiscale, la TVA réduite s’applique à la fois à la fourniture et à la pose lorsque l’entreprise livre un équipement fixé au bâti et procède elle-même à son installation. En revanche, si le particulier achète lui-même la chaudière, le ballon thermodynamique ou la pompe à chaleur en magasin, la fourniture est automatiquement taxée à 20 %, seule la main-d’œuvre pouvant rester à 5,5 % ou 10 %.
Depuis la loi de finances pour 2024, le client atteste directement sur le devis ou la facture que le logement a plus de deux ans et que les travaux remplissent bien les conditions requises pour les taux réduits. L’artisan doit conserver ces justificatifs pendant cinq ans. Quelques réflexes simples permettent de maîtriser la facture de TVA sur une rénovation énergétique.
- Confier la fourniture du matériel à l’entreprise, afin que l’équipement bénéficie du taux réduit applicable.
- Regrouper sur un même devis tous les travaux indispensables au bon fonctionnement de la pompe à chaleur.
- Planifier les travaux après les deux ans du logement pour accéder aux taux de 5,5 % et de 10 %.
- Vérifier la classe énergétique et la puissance d’une climatisation réversible avant toute signature de devis.
- Préférer l’entretien d’une chaudière gaz encore en bon état plutôt que son remplacement, l’entretien restant éligible au taux réduit.


