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Fenêtres PVC : ce mode hiver viral que de nombreux Français activent, alors que les experts alertent sur ses effets cachés

En bref

Le « mode hiver » viral des fenêtres PVC, qui consiste à serrer des galets excentriques pour comprimer les joints, n'est pas reconnu par les organismes français comme QUALITEL et le CSTB, qui alertent sur les risques d'usure prématurée des joints et de problèmes d'humidité.

Trois points à retenir

  1. Le mode hiver des fenêtres n'existe pas dans les références techniques officielles françaises selon QUALITEL et le CSTB
  2. Un serrage excessif des galets peut user prématurément les joints, gêner la VMC et favoriser l'apparition de moisissures
  3. Les experts recommandent plutôt d'inspecter les joints usés et de prioriser l'isolation du toit, des murs et des planchers bas

La réponse en bref

Selon les organismes français spécialisés, le mode hiver viral n'est pas une solution recommandée : il n'existe pas dans les références techniques officielles et peut causer une usure prématurée des joints ainsi que des problèmes d'humidité. Les experts privilégient l'inspection des joints usés et l'amélioration de l'isolation globale du logement.

Mode hiver des fenêtres : mythe viral ou vraie solution contre le froid

Chaque automne, la même astuce ressurgit sur les réseaux sociaux : pour conserver la chaleur chez soi, il suffirait d’activer le mode hiver de ses fenêtres. Dans les vidéos, on observe des internautes faire pivoter un petit galet sur le côté de leur ouvrant, parfois présentés comme de véritables conseils d’experts. La promesse fait mouche, surtout quand les factures de chauffage s’envolent. Mais que cache réellement ce fameux réglage ?

Certains sites étrangers avancent que les fenêtres en PVC disposeraient d’un réglage saisonnier : légèrement ouvert l’été pour laisser circuler l’air, plus hermétique l’hiver pour bloquer le froid. Ils décrivent l’utilisation d’une clé Allen, d’un tournevis ou d’un système rotatif permettant d’augmenter la pression sur le joint. L’idée paraît logique : plus on serre, moins l’air froid s’infiltre. Mais faut-il vraiment se précipiter pour modifier toutes ses menuiseries avant l’hiver ?

Les organismes français spécialisés restent très réservés sur le sujet. QUALITEL rappelle clairement que le mode hiver n’existe pas dans les références techniques officielles des fenêtres. Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), chargé d’évaluer leurs performances, ne prévoit aucun réglage saisonnier dans ses protocoles. Les fenêtres sont testées sur leur étanchéité à l’air, leur isolation et leur résistance mécanique — sans qu’aucune intervention de l’usager entre l’été et l’hiver ne soit requise.

La question des infiltrations d’air autour des menuiseries reste néanmoins bien réelle. Selon l’ADEME, entre 10 et 20 % des pertes de chaleur d’un logement peuvent provenir d’infiltrations d’air parasites : fenêtres anciennes ou mal réglées, joints détériorés, coffres de volets roulants mal isolés. Les recommandations officielles ne mentionnent jamais un mode hiver à enclencher, mais insistent sur la qualité de pose, un vitrage performant et des joints en bon état général.

Réglage de compression, galets et risques pour vos fenêtres

Concrètement, ce que montrent ces tutoriels viraux, ce sont des galets excentriques intégrés à la quincaillerie de certaines fenêtres en PVC. En les faisant tourner avec une clé Allen, un tournevis ou parfois simplement à la main, l’ouvrant se rapproche légèrement du cadre et le joint d’étanchéité se trouve davantage comprimé. Sur certains modèles, un symbole + ou – indique le sens de rotation pour serrer ou desserrer la fermeture. Toutes les menuiseries n’en sont pas équipées, et ce type de réglage n’est pas standardisé.

Pour vérifier la pression du joint, certains conseillent de glisser une feuille de papier entre l’ouvrant et le cadre : si elle coulisse sans résistance, la compression serait insuffisante. QUALITEL invite pourtant à la prudence sur ce point : « Les documents institutionnels ne préconisent pas une modification par l’usager », souligne l’association. Un serrage excessif peut user prématurément les joints d’étanchéité, rendre la poignée difficile à manœuvrer et perturber la micro-ventilation prévue par le fabricant.

Une fenêtre rendue trop étanche peut également nuire au fonctionnement de la VMC, faire grimper le taux d’humidité intérieur et favoriser l’apparition de moisissures sur les murs en pleine saison froide. Un effet exactement inverse à celui recherché.

Garder la chaleur sans abîmer vos fenêtres : les bons réflexes

Les experts de la rénovation privilégient quelques gestes concrets, souvent bien plus efficaces qu’un réglage saisonnier hypothétique. Voici ce qu’ils recommandent en priorité :

  • Inspecter et remplacer les joints usés autour des ouvrants dès les premiers signes de détérioration.
  • Maintenir les entrées d’air fonctionnelles et vérifier régulièrement le bon fonctionnement de la VMC.
  • Agir en priorité sur l’isolation du toit, des murs et des planchers bas, qui représentent les principales sources de déperdition thermique.
  • Faire entretenir le système de chauffage pour s’assurer qu’il délivre la puissance adaptée au logement.

Avant de toucher au moindre réglage, il est préférable d’identifier avec précision l’origine du froid ressenti : joint abîmé, coffre de volet mal isolé, bas de porte laissant passer les courants d’air. En cas de doute, faire appel à un professionnel reste la meilleure option pour contrôler ses menuiseries sans compromettre ni l’étanchéité ni la ventilation du logement.